Avant la chute de Fabrice Humbert

Fabrice-HumbertFabrice Humbert, c’est une plume réaliste, acérée, fine. Un peu de rigueur en plus et beaucoup de sobriété. Et du sobre, il en faut pour écrire des bouquins aux sujets durs et actuels. Des sujets qui portent parfois le débat en eux, souvent le questionnement ou au moins la réflexion. Parce qu’on ne lit pas Humbert sans vouloir se poser deux, trois questions, comme ça mais pas en passant. On lit Humbert parce que ça pique les yeux, ça écaille nos bien-fondés et nos putains de préjugés. La mondialisation ? La pauvreté ? Un peu de l’apitoiement tous ces thèmes qu’il aborde sans cesse dans ses bouquins ? Fermez tout de suite la première page du premier livre que vous aurez ouvert si cette idée vous effleure l’esprit. Si vous prenez le risque de croire un peu en la littérature pour changer un peu de vos opinions, vous aurez fait le bon choix.

Ne prenez pas forcément ce dernier roman. Prenez un des premiers, L’origine de la violence publié en 2008, une valeur sure. Et laissez-vous bluffer par l’intrigue et surtout la structure narrative de Monsieur Fabrice. Dans Avant la chute, on y est les pieds en plein dedans. Imaginez quatre personnages, plusieurs vies qui a priori n’ont pas grand-chose à voir. Ah si, la misère, matérielle ou intellectuelle, celle qui rapproche les pauvres comme les riches, les occidentaux et les orientaux, bref celle qu’on tente vainement de cacher par une mondialisation rassurante. Deux hommes, deux femmes, d’âge et de conditions différentes  qui tentent de se servir de ce que leur donne la vie. Choisie ou subie, elle n’a pas tout le temps des allures de « vie en rose » mais ils s’y accommodent. Quatre destins, quatre intrigues qui écrites en parallèle se rapprochent pourtant et sont intrinsèquement liées.

Du Mexique à la banlieue parisienne, l’auteur nous balade, nous choque et nous fait voyager sur la Terre et au-delà de nos histoires personnelles.  Jusqu’au bout on attend la fin, on suit Sonia, Naadir, Norma ou Urribal dans leur parcours chaotique ou teinté d’espoir, maigre celui-là. Très prometteur, ce roman-choral aurait pu être encore meilleur emportant avec lui le lecteur dans une structure qui marche et qui rend la lecture haletante. On égrène le temps et les évènements avec l’auteur, on cherche, on tire sur les questions sans trouver de réponses à coup sur mais on fait confiance. Une belle réflexion sur la mondialisation, l’exil, l’immigration et les relations à nos sociétés. Un foisonnement d’idées à découvrir!

Avant la chute, Fabrice Humbert, Le passage, 2012

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3 réflexions sur “Avant la chute de Fabrice Humbert

  1. C’est vrai qu’il écrit des livres très sympas. En plus il est sympa lui-même… Et oui je le connais, c’est mon ancien collègue…
    « L’origine de la violence » est aussi très bien, je confirme.Faut vraiment le lire!

  2. Ce bouquin était juste génial (enfin, à sa manière terrifiante). La librairie du Pavé du Canal devait organiser une dédicace de Humbert il y a peu mais ça a été annulé. J’espère que ce n’est que partie remise…

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