La fin de l’innocence de Megan Abbott

megan-abbottLizzie et Evie sont amies depuis toujours. Une enfance dans le même quartier, le début de l’adolescence à se regarder ensemble le nombril et à apprécier les premiers sentiments contraires qui fleurent bon la puberté et les premiers émois. L’histoire pourrait se passer il y a vingt ans comme il y en  trois ou quatre tout au plus. Peu importe. En revanche, les Etats-Unis comme décor est moins anodin. Dès les premières pages, c’est un puritanisme certain que l’on sent s’installer. Prendre la place de l’intrigue et planter un décor presque parfait.

Mais peu à peu, la patine s’écaille et l’auteure met à mal le schéma américain qui a l’air de pourtant si bien rouler.

Alors quand Evie disparait de la minute à l’autre dans un quartier sans problème (imaginez les maisons aux pelouses bien tondues et aux haies bien taillées), les apparences aident mais ne sauvent pas. Chacun des personnages de cette histoire, père bien sous tous rapports, mère au foyer sans prétention, adultes comme adolescents, chacun voit son statut en prendre pour son grade.

Plus personne n’est blanc. Chacun voit ressurgir jour après jour ses démons et essayent de cacher le plus obscur de leurs aspects.

Au delà du simple roman policier traditionnel à la structure très ordinaire, ce roman provoque notre morale, gêne nos valeurs et met à mal notre pudeur. Le style n’y est pas transcendant mais pourtant on se laisse prendre au jeu en voulant aller plus loin. Encore loin du voyeurisme de base qui vous ferait tourner les pages avec plaisir pour savoir comment les choses se sont passées en « vrai » pour cette gamine, ce texte vous donnera tout de même envie de continuer à lire et finir. Bien des sujets tabous y sont traités. Sexualité, attachement père-fille flirtant avec l’inceste, l’auteure nous embarque là où on ne pensait pourtant pas aller.

Un titre évocateur qui ne se comprend qu’à la fin. Un livre qui se lit avec plaisir même s’il ne restera pas dans le palmarès polar 2013.

Une auteure à découvrir !

La fin de l’innocence, Megan Abbott, Lattès, 2012

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