Alabama Monroe de Félix Van Groeningen

Alabama-MonroeEcrire sur du lourd, du sensible et du bouleversant n’est pas chose facile.

On hésite, on tâtonne et on se dit même qu’on devrait pas. Mais parfois le talent d’un réalisateur et la propension de deux acteurs à vous toucher en plein cœur se mêlent et créent un film hors du commun.Et alors, on a envie d’écrire sur lui, sur eux. Sur les événements qui tissent un long-métrage fort et qui posent de vraies questions. Attention, ici, les réponses, vous les trouverez en vous, selon votre propre expérience. Pas ailleurs.

On sort avec une boule au ventre qui ne nous lâchera pas tant que on n’aura pas pris position, même personnellement. Pourtant, l’histoire d’Elise et Didier, c’est du banal. Rien d’exceptionnel dans une rencontre entre deux rêveurs. Lui, passionné d’Amérique et de contrées lointaines où l’herbe semble plus verte, elle, tatouée et tatoueuse qui s’imagine qu’un amour éteint peut se cacher sous des airs d’illusion. Une passion, des moments inoubliables et bientôt un bébé.

Mais quand après quelques années de bonheur, la maladie vient hanter les nuits et les jours, tout change ou presque….

Ici, on n’entre jamais dans le pathos dirigé vers un même but, celui de chialer sans raison. Oui, c’est beau, oui c’est triste ou gai et ça met dans des états incroyables. Mais jamais ce n’est source de pitié. Félix Van Groeningen manie avec adresse la caméra, les acteurs qui y passent devant et qui font émaner d’eux la vie et l’espoir. Véritable coup de maître qui tient dans le rythme qui se dédouble tout au long du film pour mieux nous perdre et enfin nous rattraper à la volée, ce petit chef d’oeuvre tient à lui seul les émotions que nous êtres humains nous pouvons ressentir. Ici, c’est dans le condensé de sentiments qu’on vacille parfois.

D’une vie à l’autre, celle heureuse en pleine construction à celle qui nous plonge dans la maladie et ses effets collatéraux, il n’y a qu’un pas et à chaque fois quelques images. Superbe travail technique et esthétique, il met également à l’honneur la musique et l’amitié, la solidarité et la vérité d’une société qui parfois nous malmène. La Bluegrass Country comme une mélodie que vous entendez et qui égrène les minutes et plus encore les événements tristes ou heureux que vivent les personnages.

Un hommage au clan, celui des amis qui soutiennent. Une ode à la vie et au respect de chacun dans les étapes importantes voire primordiales de la vie. Des acteurs magnifiques qui donnent sens au film et à la dureté de l’histoire.

Un coup de coeur. A voir ABSOLUMENT!

Alabama Monroe, Félix Van Groeningen avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens (Belgique), 2013

Publicités

6 réflexions sur “Alabama Monroe de Félix Van Groeningen

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s