Un printemps à Tchernobyl d’Emmanuel Lepage

printempstcherDessiner sur une catastrophe tel que Tchernobyl était audacieux. Partir bosser dans la Zone pour témoigner. Pour raconter ce que, dans les années 2000, Pripiat et l’Ukraine sont devenues, c’était plus que casse-gueule.

Mais Emmanuel Lepage, Gildas Chasseboeuf, Pascal Rueff et Morgan Touzé ont pris le risque aidé par Dessin’Acteurs, une association qui mise sur les projets ambitieux.

On peut avoir de l’ambition pourtant et trop peu de talent ou d’humilité. Fallait en avoir pour s’immerger dans la vie de ces habitants qui ont abandonné leur terre pour finalement revenir, persuadés que le combat était là.

Fallait pouvoir mettre sa peur en sourdine pour fouler les pas des liquidateurs et des hommes qui ont mis leur vie en danger pour leur pays.

Et ça donne des planches admirables, magnifiques et étonnantes.

Un véritable travail documentaire qui nous embarque dans l’enfer sur Terre et au sein même de vies réduites à néant depuis 1986. Au delà d’une position engagée sur le nucléaire et que l’on soit pour ou contre, on ouvre cette BD avec une certaine fascination. On tourne les pages en s’étonnant que les touches de couleurs soient présentes et à leur juste place. On s’étonne à aimer les sourires de ces gens croqués par Lepage et essaimés ça et là pour nous rappeler que la vie est plus forte que l’erreur humaine. On admire leur espoir, leur dérision et leur courage. Et c’est  avec une grande curiosité qu’on apprend ce que l’on ne soupçonnait mais qu’on imaginait que très mal…

Le quotidien, la vie normale qui doit être réglée sans faux pas pour ne pas être contaminé mais au contraire limiter les risques. Tout ou presque y est narré, mis en image jusqu’à l’invisible que vous ne percevrez qu’avec votre cœur et vos tripes. Loin d’être un plaidoyer pour l’abandon du nucléaire, cette BD pose d’autres questions auxquelles chacun peut répondre à sa façon, loin d’uniques considérations politiques. L’identité, la solitude ou la loyauté sont autant de thèmes qui font vibrer et qui ne laissent pas indifférent.

Les émotions sont fortes et brillamment retranscrites dans le dessin comme dans le texte.

Assis dans une rame de métro pour lire cette BD, méfiez-vous, vous n’y croirez pas vos yeux quand vous les relèverez sur le monde qui vous entoure et que vous croyiiez tout autre un laps de minute….

Un coup de coeur !

Par ici, un entretien à lire pour compléter!

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage, Futuropolis, 2012

Publicités

3 réflexions sur “Un printemps à Tchernobyl d’Emmanuel Lepage

      1. Je vois que je l’ai réservée depuis le 14 août… Et j’ai aussi en attente de lecture « Tchernobyl, la zone », une BD conseillée sur les blogs…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s