La mort n’a pas d’amis de Gilles Schlesser

La mort n'a pas d'amisLa littérature a ce don de nous faire nous évader. En ouvrant un livre ou un autre, on se retrouve embarqués dans un ici ou là sans vraiment le savoir ni le vouloir.

M’enfin, je ne vous apprends pas grand chose. Petit ou gros lecteur, l’effet est le même. Néanmoins, à chaque fois que je finis un texte, le résultat est bluffant. J’ai presque cette impression de revenir d’un voyage qui m’aura réchauffée, enthousiasmée ou peinée. Aujourd’hui, un petit village dans le sud, chaud et baigné d’une lumière sans pareil, demain, Paris, une autre époque, accompagnée de personnages hauts en couleurs. Je ne suis jamais au même endroit.

Dans La mort n’a pas d’amis, vous ne serez pas ici maintenant mais dans les années 20 quand Desnos, Breton, Aragon et les autres commencent à se côtoyer et à faire de leur groupe, la poignée de surréalistes que l’on connait tous pour les avoir (un peu) étudié à l’école. Camille Baulay, alias Oxy B., est une jeune journaliste.

Elle aime l’écriture, le suspens, le mystère et les femmes. Campée majestueusement par une nana dynamique et hors norme (surtout pour l’époque) que l’on s’imagine très bien au fil des pages, ce personnage va nous embarquer dans une enquête hors-du-commun. Un véritable voyage dans le Paris d’entre-deux-guerres qui s’émerveille de toute forme artistique et qui expérimente mais qui craint et se méfie.

Alors quand plusieurs crimes se succèdent et laissent pour toute trace quelques indices absurdes, les services de police du 36 sont sur les dents. Qui a bien pu commettre ces assassinats et pour quel mobile ? On évoque un tableau, des mises en scènes aussi étranges qu’incroyables mais rien de concret…

Un très chouette roman policier à énigmes qui sort de l’ordinaire. Il mérite d’être lu pour son contenu.

Fouillé, documenté, on entre dans le texte avec une curiosité amusée, on reconnait les lieux, on est même étonné par la description de certains numéros de rues qui y sont évoqués avec détail. De la rue Brancion à celle du château, je me suis vraiment promenée dans mes souvenirs d’enfance et dans un quartier qui m’est très familier. Que vous soyez Parisien d’origine ou d’adoption ou à l’autre bout de la France, vous ne serez pas indifférent face à la précision de l’auteur.

Un retour en arrière imaginé avec doigté. Une juste mesure qui relève un dénouement quelque peu décevant.

La mort n’a pas d’amis, Gilles Schlesser, Parigramme, 2013

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