Félix Vallotton: Le feu sous la glace au grand Palais

afficheFelix Vallotton ?
Un artiste inconnu au mieux un nom qui vous dit vaguement quelque chose ? Idem. J’en savais pas beaucoup sur ce Monsieur qui pourtant vaut un détour bien agréable.
Quelques gouttes de pluie et une journée de boulot bien remplie plus tard, le Grand Palais, rempli comme presque toujours pendant les expositions qu’il propose m’a offert une parenthèses dans une semaine bien chargée. Patience et observation sont les maîtres mots de cette rétrospective mise en scène tour à tour avec brio et mystère.
Félix Vallotton était un homme de son temps. Un vrai. Ses tableaux transpirent une époque à cheval entre tradition et modernité. Celle qui donnait encore peu de place aux femmes. Même à la maison. Une époque artistique où tout semblait se jouer pour mieux créer, être encore plus inspiré.
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Entre peinture, xylographie et photo, Félix a aimé jongler entre différentes techniques qui apportent à ses œuvres une teneur très différente d’un procédé à un autre. Plutôt noire et blanches, ses créations de gravures sur bois qui représentent tantôt la paresse, tantôt le bain  -des scènes somme toute banales-  nous font entrer dans un univers pointilleux et presque monochrome qui dit le réalisme de l’artiste.
Une mise en scène au poil
Une mise en scène au poil
Lumineuses et pleines d’une crudité bluffante, les toiles qui donnent au mouvement nabi ses lettres de noblesse nous interpellent. Réguliers et comme dessinés trait après trait, certains tableaux semblent presque du dessin de débutant. Un moyen simple de symboliser un homme, un charisme, un fait sans conséquence. Puis au fil du parcours, le coup de pinceau s’affirme, change. Des détails qui marquent, ici et là, l’esprit et le cœur.
Des couleurs qui illuminent et fleurissent avec les sujets qui se diversifient.
Un petit bonheur de contempler La valse de si près et de s’en mettre plein les yeux en s’évadant rien qu’à l’observer.
Certains tableaux en fin d’exposition qui caricaturent certaines légendes mythologiques demandent une interprétation subjective qui donnent à voir autre chose que le kitsh du premier coup d’œil. L’oreille trainante, nous avons eu la chance de comprendre que chaque élément représente des métaphores comme la virilité, la trahison ou l’impuissance.
Au bout du compte et en toute fin de visite, une réflexion sur la place de l’artiste dans la société, celle de la femme dans le couple, la position de l’homme dans les relations humaines et familiales, l’adultère, les situations de couples effrayantes et bien d’autres.
Un homme au caractère bien affirmé qui s’est frotté aux meilleurs de l’époque et dont le vécu transparaît avec intelligence. Un titre d’exposition, le feu sous la glace, qui retranscrit avec perfection ce que cette visite peut éveiller en vous.

Félix Vallotton: Le feu sous la glace, Grand Palais, jusqu’au 20 janvier 2014.

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