Kinderzimmer de Valentine Goby

kinderzimmerSe jeter dans la gueule du loup.
Littéralement.
C’est ce que j’ai ressenti en commençant ce livre qui est le huitième roman de cette auteure connue et reconnue. Valentine Goby, c’est le cru auteurs français de ces dernières années. Un style maîtrisé et des histoires réalistes. Pour ceux qui avaient lu un, deux, trois romans d’elle, on en sort assez peu déçu, plutôt satisfait même.
Allez puisque son dernier fait (beaucoup) parler de lui, je me lance.
Pas évident pourtant en pleine rentrée littéraire de mettre la main sur ce livre maintes et maintes fois réservé à la médiathèque et sujet aux critiques les plus élogieuses.
Ecrire sur ce dont on parle ici, là et encore pas loin, je ne le dirai jamais assez mais ça ne me botte pas plus que ça. Pourtant Kinderzimmer mérite vraiment qu’on parle de lui, encore un peu. On me l’avait dit, c’est dur, tu verras, c’est bien mais c’est dur.
Petit roman qui donnerait envie de lire ses pages les unes après les autres sans s’arrêter, il nous remet très rapidement à notre place. Que vous soyez préparé ou non, que vous ayez lu d’autres écrits sur la seconde guerre mondiale, les camps et la déportation, il vous happera et vous balancera la réalité en pleine gueule.
Encore des détails que vous n’aurez surement jamais lu ailleurs. Parce que, c’est vrai, après tout ce qui a pu être écrit sur la Shoah, on avait jamais rien lu ou presque sur les nouveaux-nés et les femmes enceintes pendant la période 39-45.
Documenté, ce livre nous entraîne avec violence et terreur dans les méandres du quotidien de ces femmes qui luttaient chaque minute pour se sauver elles-même et leur progéniture.
Plus encore que l’horreur des camps, c’est l’instinct maternel mis à mal qui y est décrit, la survie de ces femmes qui donnaient au mot solidarité un tout autre sens. Kinderzimmer, la chambre des enfants en allemand, vous ne laissera surement pas indemne. Un sujet grave qui, pourtant, est traité avec réalisme et sans jamais de pathos.
Un peu de souffle, ici et là, est nécessaire pour arriver à bout de ce roman qui se lit comme une page d’histoire et qui tire sans peine, nos larmes. Un très bon texte qui mérite d’être lu et qui redonne envie d’ouvrir Si c’est un homme de Primo Levi.
Bravo à Valentine Goby.

Kinderzimmer, Actes Sud, 2013

5 réflexions sur “Kinderzimmer de Valentine Goby

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s