Les derniers jours d’un homme de Pascal Dessaint

Pascal dessaintPascal Dessaint ne fait pas dans la dentelle.
Dur, violent, vrai. Un peu d’amertume, une bonne dose de colère pour dire les choses au travers de ses personnages qui ont la vie à fleur de peau. Dans les derniers jours d’un homme, roman noir où ne jaillit que très rarement la lumière, ne vous attendez pas à lire autre chose que la réalité. Dans ce texte qui prend aux tripes, pas de sentiments enjôlivés ni d’intrigues édulcorées.
Pascal Dessaint n’est pas écrivain pour ça.

Et pourtant, il nous fait passer un très bon moment.
Grâce à Judith, Etienne et Clément, notre regard se pose sur cette petite ville industrielle où une catastrophe a décimé la vie qui y avait élue domicile. Une petite ville avec des habitants sans prétention mais authentiques, des travailleurs ces gars qui vont tous les jours à l’usine, qui bossent dur pour nourrir leur famille et tacher qu’elle ne manque de rien. Des bleus, il en ont. Dans le coeur et sur la peau mais rien ne les fera changer d’endroit. Pourtant, cette terre est contaminée, fichue, synonyme de mort et de maladie.
Alors quand Clément raconte, explique et détaille ce qui s’est passé et comment était la vie avant, on ne peut s’empêcher de se sentir dans le Nord de la France, avec lui auprès de la misère décrite avec finesse et sans pathos. Puis, quand Judith, une quinzaine d’années après prend la plume et tente de nous dire l’après, c’est poignant presque dérangeant.
Une construction pourtant simple qui donne voix à deux personnages que tout oppose et qu’un rien rapproche. Une épaisseur incontestable pour chacun d’eux qui sont définitivement attachants et auxquels on se cramponne pour ne pas sombrer.
Un décor délabré, gris, noir et fait de toutes ces teintes qui disent l’abscence d’espoir, un dénouement magistral. Ce livre, on m’en avait dit le plus grand bien le tu verras c’est très violent, on n’en sort pas indemne. Alors forcément, ça fout les jetons, on hésite. Et puis, quand on finit ce texte, on réfléchit et on se dit qu’on a bien fait car ce n’est pas seulement noit.
C’est aussi riche de questionnements sur l’enfance, le deuil, l’amitié. Impossible de passer à côté de ça. Inutile de vous débattre face aux petits détails qui décrivent la jeunesse, la douleur ou la complicité.
 C’est dur, sans nul doute, on en sort pas indemne, c’est certain mais je tiens à remercier Olivier Bordaçarre pour son dernier roman qui, en l’écrivant a réussi à se rapporcher de l’ambiance de Pascal Dessaint et qui nous ouvre la porte de suspens et de l’insoutenable et nous habitue, en quelques sortes à la vie, la vraie.

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Les derniers jours d’un homme, Pascal Dessaint, Rivages, 2010

Vers le site de Pascal Dessaint.

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