On the brinks de Sam Millar

sam-millarOn aurait tort de vous dire que ce livre n’est que le récit de la vie d’un inconditionnel militant, engagé et incroyablement culotté.
C’est cela bien sûr mais pas seulement.
Pourtant quand on a ce bouquin entre les mains et que l’on s’apprête à le commencer, on se dit que ça va être l’histoire de gros billets et de prisons violentes comme on a l’habitude d’en voir à la TV à 20h45 sur une chaine privée que l’on ne nommera pas.

La couverture, au début, ne m’a pas inspiré autre chose; un homme cagoulé qui tire sur un ennemi imaginaire (qui pourrait être vous, lecteur), ça ne sent pas autre chose que des gros bras et de l’action. Détrompez-vous. Tout de suite.
Sam Millar réussit un tour de force en nous décrivant sa vie.
Pas la moindre mais toujours avec humilité et poésie. Oui, oui, poésie, vous avez bien lu. Ce ne serait sans les citations de début de chapitres que j’écrirai la même chose.
Po-é-sie.
C’est sans compter Patrick Raynal, traducteur et féru de polars (entre autres) qui traduit avec finesse et précision la langue de l’auteur irlandais qui fait autre chose que constater.
Parce que des faits, il y en a. Du début de son existence, tout petit, pauvre et malmené par la vie, à nos jours ou presque où Millar remercie. Remercie ses proches, ses éditeurs, ses camarades de lutte qui l’ont mené là où il a été difficile d’être. Etre en liberté.
Pas une mince affaire pour cet homme robuste et courageux cependant mais qui a connu plusieurs années à Long Kesh, prison irlandaise qui fit date dans l’histoire du pays et dans celle de l’auteur. Particulièrement violents, les matons malmènaient leurs détenus en imaginant les pires sévices. Les murs de cette prison ont connu de longues périodes de grève de la faim par des hommes revendiquant des droits vitaux plus qu’oubliés.
Prionnier politique, membre de l’IRA et actif pour le mouvement, Sam Millar en a connu des déboires. Puis, la mer s’est apaisée. De casinos clandestins à des petits boulots, l’Irlandais a tenté de mener une vie normale. Jusqu’au braquage des fonds de la Brinks, fait majeur de sa vie qui laissera derrière lui une trace indélibile. Des millions volatilisés et quasi-rien retrouvé.
Un coup de maître ?
Un livre qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout. Un suspens assez incroyable pour une autobiographie dissimulée et des éléments instructifs à la pelle. On y apprend énormément de choses sur le contexte historique, le conflit Irlandais entre Catholiques et Protestants, l’IRA et les enjeux économico-politiques des années 90 du pays en branle. Un style maîtrisé dans lequel on ne veut sortir en fermant ce livre.
A ne pas manquer si vous aimez les romans noirs et les énigmes, Sam Millar en a fait un délicieux mélange.

On the Brinks, Sam Millar, Seuil, 2013

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s