Le bruit des autres d’Amy Grace Loyd

le bruit des autres
Quand une édition relooke les livres d’une des ses collections, Libfly est souvent de la partie. Ce réseau social du livre permet de faire découvrir à ses lecteurs de bien belles pépites (MERCI à son équipe!).Alors quand j’ai vu Le bruit des autres dans la liste de livres à recevoir pour l’occasion, je ne me suis pas posé de questions.
J’avais très envie de lire ce roman qui m’intriguait. A mi-chemin entre le roman et le polar, ce texte me semblait avoir un fort potentiel de suspens et de mystères à élucider soi-même. Pourtant le pitch n’a rien de fou mais il m’a attiré sans vraiment que je comprenne pourquoi.
(Parfois, certains livres me font cet effet! Compliqué de me l’expliquer).
Célia, propriétaire d’une immeuble à New York choisit avec soin chacun de ses locataires. Pour elle, l’entente et le calme sont primordiaux pour une vivre-ensemble serein. Depuis le décès de son mari, elle vit en quasi-autonomie affective, observant de loin le monde qui l’entoure. Pourtant, ce n’est pas par manque de générosité mais c’est surement avec plus de frisolité que de courage qu’elle affronte les jours, seule.
Mais quand Georges doit momentanément quitter son appartement pour vivre en France, Célia n’a pas d’autre choix de lui faire confiance et d’accepter à sa place Hope, une femme mystérieuse et fantasmatique. Effrayée, Célia va apprendre à l’écouter vivre. Juste au dessus de son propre appartement, Hope rêve, vaque à ses occupations et révèle des ersatz de son quotidien. En filigranne, la vie de cette femme est dévoilée faisant d’elle une personnalité ambivalente presque à craindre.
Agacée, horrifiée mais attirée, Célia ne va avoir de cesse de mieux comprendre Hope en essayant de ne pas investir de sa propre personne ni découvrir des aspects cachés de sa personnalité.
Est-ce bien possible quand on commence à s’immiscer dans la vie des autres ?
Un roman qui m’a laissée sans avis pendant les trois quart de ma lecture. Oui, oui, sans avis.
J’ai vu les pages défiler et me demander Et bien, quand est-ce que ça commence… vraiment?
Les portraits de chacun des personnages- les deux femmes qui prennent beaucoup de place dans l’histoire- sont pourtant bien campés et ce dès le début. On imagine leur teint, la couleur de leur chevelure, leur prestance ou leur fragilité.
Idem pour les décors, la porte est aisément poussée lorsqu’il s’agit d’imaginer le hall de cet immeuble dans New York, son odeur, son ambiance. Pas de loupé à ce niveau là! Cependant, l’intrigue adopte un rythme perturbant, destabilisant même. La cadence est donnée mais il m’a été difficile de m’y calquer pour profiter pleinement des messages que l’auteur diffuse au fil des pages.
Pourtant, aucun doute!
Amy Grace Loyd n’a pas lésiné sur les métaphores pour nous faire comprendre que ce roman prend la forme d’un roman d’apprentissage qui nous pose nous-même en initié. Un initié qui se rend compte que malgré notre existence bien construite avec nos repères et nos préjugés, la vie peut-être vacillante et nous remettre en question. Il suffit d’un instant, d’un bruit près de chez soi pour nous rendre autre ou nous révéler à nous-même.
Oui, ça on ne le perd pas de vue et on se pose de vraies questions sur la perversité et la confiance qu’on accorde aux autres ou pas. Une belle réflexion sur le deuil et la vieillesse grâce à l’un des personnages particulièrement réussi d’ancien marin touchant et attachant.
Mais malheureusement, l’intrigue ne m’a pas happée ni donné envie d’absolument de poursuivre ma lecture et d’être satisfaite par l’histoire et sa fin. Peut-être ai-je eu très envie de lire tel ou tel dénouement et la réalité m’a déçue et la lecture ennuyée. Je ne peux pourtant pas nier que bien souvent, ce livre m’a provoquée et génée. Il ne laisse pas indifférent, ça, c’es certain!
Cependant, à la lecture des critiques déjà existantes sur d’autres blogs, de nombreux lecteurs ont apprécié et été charmé par le style et l’intrigue de ce roman.
Et vous, qu’en penserez-vous ?

 

Et ailleurs, on en pense quoi ?

J’ai mis du temps à me rendre compte que j’avais glissé dans l’histoire, si étrange soit elle, comme dans un rêve agréable et bizarre, parfois effrayant. Au début, je ne comprenais pas où l’héroïne voulait en venir, qui elle était, ce qu’elle cherchait. Et tout d’un coup, on se retrouve dans sa folie, son monde parallèle fait d’engourdissements, paranoïa et ultra-lucidité… Finalement, on tend l’oreille pour écouter le parquet qui grince, les voix des voisins, et distinguer un gémissement inquiétant qui vient du dessus. Hypnotique. La Bookista
Le bruit des autres fait partie de ces livres aux thèmes subtilement dérangeants, à l’écriture élégante et puissante tout à la fois, de ces textes qu’on aurait aimés écrire tellement ils sonnent juste. Cathulu

Le bruit des autres, Amy Grace Loyd, La Cosmopolite, Stock, 2014

3 réflexions sur “Le bruit des autres d’Amy Grace Loyd

  1. Bon, bah, finalement, tu restes sur ta faim… Moi j’avais été séduite par l’atmosphère… qui crée un certain malaise et je trouve que l’auteure sait très bien immerger son lecteur dans ce terrible huis-clos.

    1. Pfiou oui, je suis restée sur ma faim, c’est certain mais tu as raison l’auteure confère à son livre une ambiance tte particulière… Mais dans le genre ambiance un peu gênante et spéciale j’ai préféré le premier de David Vann Sukkwan Island. Tu l’as lu ?

      1. Oui je l’ai lu, mais il m’a à la fois écoeurée et subjuguée… Je n’ai plus voulu lire de livres de David Vann après celui-ci…

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