La couleur du lait de Nell Leyshon

La couleur du lait-Nell Leyshon
Tous droits réservés Charlie Bibby
Ça y est le week-end est bel et bien là ? Vous avez quelques heures devant vous et vous vous demandez ce que vous allez bien pouvoir lire ?
Parfait, A chacun sa vérité a (encore, diantre !) ce qu’il vous faut.
Un court roman qui vous embarquera pour l’Angleterre du 19ème siècle et qui vous étonnera tout autant que moi.
C’est une collègue à moi qui me l’a mis entre les mains et honnêtement, je ne l’aurai surement jamais lu si ça n’avait pas été le cas. Je n’en avais pas entendu parler alors ça tombait bien !
Mary est une jeune fille qui vit dans la misère, dans la campagne anglaise avec sa famille.
La pauvreté, c’est son lot quotidien. La violence aussi, la méchanceté de son père.
Quand elle est envoyée en ville, c’est une sorte de libération pour elle. Placée en tant que servante chez un pasteur et sa femme. Les débuts sont plutôt doux et sereins.
Elle y apprend même à lire et à écrire ! Une aubaine pour raconter son quotidien… Un moyen de mettre dès la première page de ce texte surprenant, les événements qu’elle vit dans cette nouvelle maison. Jour après jour, elle raconte ce qu’elle voit et ce qu’elle ressent…
A l’aide d’un style très particulier, emprunt d’une familiarité excessive, elle nous mène par le bout du nez.
J’ai commencé en me disant que je n’arriverai jamais à finir ce livre.
Les phrases sont tournées sans conformité à la langue française (et anglaise très certainement dans un premier temps), des fautes se glissent dans la forme et dans le fond et on s’étonne à continuer tant c’est désarçonnant.
Et finalement, plus encore que l’histoire qui est attendue, on aime ce livre grâce à sa forme. Bien sûr, on y décèle en filigrane, des sujets délicats qui tiennent à cœur à l’auteur (les classes sociales, l’abus sexuel, la pauvreté) et qui sont abordés avec une certaine froideur.
On se dit que c’est un travail d’auteur d’orfèvre d’avoir pu se mettre dans la peau de cette jeune fille et écrire comme elle l’aurait fait.
Un travail de traduction remarquable qui donne tout son sens à cette pépite.

La couleur du lait, Nell Leyshon et Karine Lalechère pour la traduction.

 

 

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