Pourquoi mon fils n’aura pas de « cartes étapes »

Attention, article hors-sujet (et un peu coup de gueule disons-le).
Ici, j’ai habituellement l’occasion d’écrire sur les bouquins que je lis. Pas autre chose. Mais cet article, je le réfléchis depuis pas mal de mois et je dois avouer j’ai un peu galéré pour l’assumer.
Cap ou pas cap ?
Aujourd’hui depuis longtemps, je me suis sentie un peu con face à une maman devant qui j’ai du bafouiller deux, trois « excuses » sur la taille de mon fils. Je dois avouer que, grâce à elle, je prends le temps et mon courage à deux mains pour publier cet article.
Je présente par avance, mes excuses aux lecteurs qui auraient préféré que j’écrive un post sur un roman ou une BD. Comme d’habitude.
J’ai conscience que cet article est un peu stéréotype de la femme qui vient d’avoir un bébé et qui a besoin de cracher son fiel sur ce monde horrible mais que tout le monde connait et déteste à un moment ou à un autre-enfant ou pas. Je ne t’en voudrais pas si tu passes ton chemin.
Depuis que Valentin est né, ma vision de certaines choses a changé. Bon, comme tout changement dans ma vie, je réalise que c’est très différent quand on vit les événements et qu’avant de les affronter ou de les savourer, on a du mal à s’imaginer leur impact.
Et que, bien souvent, il m’est très facile de juger ou de dire comme la majorité des gens « Moi, je ferai comme ça ! ». En revanche, devant la situation, rien n’est aussi simple. Je ne vous apprends rien.
Quand Valentin est né 5 semaines en avance, j’étais soulagée. En plus de cette rencontre magique avec mon enfant, sa naissance mettait fin aux séjours à l’hôpital, aux séparations avec l’homme, au fantasme de la grossesse-parfaite-des-réseaux-sociaux et à l’inquiétude.
Pourtant, je n’imaginais pas que- en plus des affres de la maternité que vivent toutes les femmes d’ici et de Navarre- j’allais être catapultée dans le monde de la prématurité et de la petite enfance.  Malgré moi.
5 semaines, 5 petites semaines d’avance.
8 jours de plus et l’étiquette « prématuré »aurait été remisée au placard. Parce que bon, les étiquettes, c’est bon pour les vêtements, pas pour les bébés.
« Petit format », Valentin a multiplié- a son insu- les risques d’augmenter les « doses de colle » sur l’étiquette déjà bien accrochée. Des différents professionnels qui se sont penchés sur lui pour bien autre chose que son développement moteur, peu ont utilisés la bienveillance.
Puéricultrice, auxiliaire, kiné, éducateur, la dame de la salle d’attente, tout le monde a un avis, jamais le même et surtout pas celui très adapté à ton gamin que, toi, tu vois tous les jours.
Souvent, les affirmations ont primé. Les phrases qui blessent, les normes en bandoulière pour légitimer une prédiction que certains n’étaient pas en droit de proclamer, pourtant.
Mais Valentin aurait pu aussi très bien naître à terme ou post-terme que ça n’aurait rien changé. Il faut rentrer dans les normes. Il aurait surement été trop gros pour certains ou trop long pour d’autres.
Et cela, je l’apprends à mes dépends. Oui, je vous vois déjà faire la moue et me dire « fous-toi en ! ». Ou carrément vous dire « rho elle est aigrie celle-là ! ». Peut-être bien. Certainement même. Ici, une amie qui vient d’accoucher ne lit plus de livres de puériculture, là, l’homme n’y pense même pas. Ce sont autant de (bonnes) réactions, je le reconnais. Cependant, chacun fait comme il peut.
Moi, avec la ferme intention de déculpabiliser toutes les mamans qui ne veulent pas non plus de « cartes étapes » et qui surtout surtout vont connaitre les tout débuts de l’aventure. 
Alors quand, j’ai vu pulluler sur les réseaux sociaux (ahh ces réseaux sociaux parlons-en !LE fléau de beaucoup et plus particulièrement de la-jeune-maman-crevée) les photos de bébés avec les cartes étapes, je me suis dit: « Ah non, ces cartes-étapes ne passeront pas par mon fils ».
Attendrissantes certes, ces photos sont pourtant prises sans aucune arrière pensée mais je ne peux vous le cacher, ça m’hérisse les poils.
Imaginez, pour ceux qui ne connaissent pas : un bébé posé sur un tapis, sa plus belle tenue enfilée et une carte où s’affiche l’étape passée par le bébé. 1 mois, 6 mois, une première dent, une nuit de telle heure à telle heure, une compote ou une purée mangée etc.
Bref, les grandes étapes d’un bébé dans les mois de sa première année. Photographies faites et surtout surtout postées sur Facebook, Instagram etc. Comme si les professionnels et les autres mamans ne suffisaient pas.
Les mamans s’auto-flagellent et laissent les comparaisons gérer leur état émotionnel qui ne cesse d’osciller entre la fatigue, l’envie de bien faire et j’en passe.
Parce que ces photos sont mignonnes, il n’y a pas à dire mais je trouve qu’elles véhiculent un drôle de message sur un petit être qui n’aurait surement pas envie d’être déjà dans la comparaison voire la compétition. Parce qu’en vérité, ces cartes sont un prétexte pour moi pour aborder ce sujet, rien de plus.
Un bébé évolue à son rythme. On nous serine ce mantra qu’on tente de se rentrer dans le crâne pour ne pas céder à la crainte de ne pas « être dans la norme », que notre bébé ne soit pas dans les clous et/ou en « retard ». 
6 mois que Valentin est né et j’aimerais parfois le protéger de ces mamans-qui-comparent, qui montrent que leur progéniture est plus comme ça ou moins que… Lui, il n’entend peut-être pas et se contrefout surement comme de sa première couche, de ce qu’on dit de lui. Un peu de bienveillance serait cependant bienvenue pour la maman. Un petit peu, quoi.
Alors, comme toujours « Demain est un autre jour » et j’aurais surement oublié cette maman que j’éviterai à l’avenir. Le monde est déjà un peu dur, ça on le savait, celui de la parentalité un peu brute, alors si on pouvait plutôt se regarder avec douceur, ce serait pas mal du tout…
Rencontrer plus de personnes qui vous guident et vous ré-assurent dans votre expérience. Heureusement, elles existent ! Il faut savoir les débusquer, elles se reconnaîtront.
Pour les hommes qui vivent aux côtés de femmes primipares, pour les futures femmes qui vont vivre ce grand chamboulement, pour celles qui n’en veulent surtout pas, pour toutes en fait.
Sur cette note un tantinet démago et mièvre, je vous file des sites qui font du bien et qui disent la vraie vie.

Happynaiss

Fabuleuse au foyer

 

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